PETER GREEN (Verviers, Spirit of 66, 27 fév. 2009)

PETER GREEN (Verviers, Spirit of 66, 27 fév. 2009)
Peter Green fait incontestablement partie des guitaristes qui ont marqué l'histoire du blues en Grande-Bretagne. Sa carrière décolle véritablement en 1966 (il a alors 20 ans) lorsque John Mayall l'appelle pour remplacer Eric Clapton. Il n'y restera qu'un an, et en 1967, il part avec Mick Fleetwood et John McVie former Fleetwood Mac, qui atteindra l'apogée de sa gloire vers 1970.

Malheureusement, suite à la consommation abusive de drogues (notamment de L.S.D.), Peter Green verra sa santé mentale rapidement décliner. Atteint de schizophrénie, il devra effectuer plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Il profite d'une période d'amélioration, à partir des années '90 pour former le "Peter Green Splinter Group", qui tournera jusqu'en 2005 et enregistrera 4 albums.

Voir Peter Green sur scène était pour moi, qui ai redécouvert tardivement le British Blues, une occasion unique. Le concert avait d'ailleurs suscité beaucoup d'intérêt, puisque le Spirit affichait complet depuis quelques semaines.

Dire que c'était un concert inoubliable serait largement trahir la vérité. Par moment, il a même pris des allures surréalistes. Dès le 3ème morceau, Peter Green semble incapable de se rappeler la musique qu'il doit jouer; il faudra l'intervention des autres membres du groupe et plusieurs secondes pour qu'il se la remette en mémoire. De telles absences se reproduiront encore à différentes reprises au cours du concert; ainsi, au moment de jouer un morceau de Memphis Slim, ses musiciens tenteront de l'amener à se souvenir du moment où il avait eu l'occasion de jouer avec le pianiste américain,... en vain. Il avait, il y a quelques années, expliqué que les médicaments qu'il doit prendre pour soigner ses problèmes mentaux affectent sa capacité à se concentrer.

Cela étant, Peter Green joue de la guitare avec application et garde un toucher délicat, mais sa voix s'est erraillée. Il apparaît timide, assis sur un tabouret derrière son pupitre, et ne s'adresse au public que très rarement, et avec difficulté.

Le groupe qui l'accompagne est composé de musiciens inconnus, sans éclat particulier : Mark Dodd à la guitare rythmique, Matt Radford à la contrebasse, Andrew Flude à la batterie, et Geraint Watkins aux claviers; seul ce dernier semble un peu se démarquer.

La set-list permettra de revisiter quelques standards, et notamment "Albatross", un des grands titres de Fleetwood Mac, "The Thrill is Gone" de B.B. King, "Off The Hook" des Rolling Stones. Pour clôturer le rappel, nous avons eu droit à "Black Magic Woman"; dont peu de gens savent que ce morceau popularisé par Carlos Santana a été, à l'origine, composé par Peter Green pour Fleetwood Mac.

Au final, Peter Green est de toute évidence fragile, physiquement et mentalement, mais cette fragilité le rend en quelque sorte touchant et sympathique; c'est donc avec beaucoup de respect qu'il a été chaleureusement applaudi. En pensant au talent gâché par ces ennuis de santé et à la carrière qu'il aurait pu faire, on ne peut qu'espérer que la musique participe à la thérapie et contribue à rendre plus agréable la fin de sa vie.


Quelques photos du concert
Albatross (Enregistré à Amsterdam, Fév. 2009)
The Stumble

# Posté le samedi 28 février 2009 07:36

Modifié le samedi 28 février 2009 18:48

in memoriam : ORLANDO "CACHAITO" LOPEZ : 2. Fév. 1933 - 9. Fév. 2009

in memoriam : ORLANDO "CACHAITO" LOPEZ : 2. Fév. 1933 - 9. Fév. 2009
Le Buena Vista Social Club est à nouveau en deuil. Ce 9 février, son légendaire contrebassiste Orlando "Cachaito" Lopez s'en est allé rejoindre les comparses qui avaient quitté la scène avant lui : Compay Segundo (le 14 juillet 2003), Ruben Gonzalez (le 8 décembre de la même année) et Ibrahim Ferrer (le 6 août 2005).

Orlando Lopez est né à La Havane, dans une famille de musiciens. Très jeune, il a appris la contrebasse, et dès 13 ans, il composait ses premiers morceaux. Sa carrière s'est partagée entre musique populaire, jazz et musique classique. En 1960, il avait ainsi intègré l'Orchestre Symphonique National.

En 1996, il fut invité à participer à l'enregistrement de l'album "Buena Vista Social Club" produit par Ry Cooder, qui connaîtra un immense succès planétaire, avec les conséquences qui s"en suivirent : le film documentaire de Wim Wenders, et de nombreuses tournées en Europe et aux Etats-Unis notamment.

En 2005, j'avais eu l'occasion de le voir aux côtés d'Ibrahim Ferrer, quelques semaines à peine avant le décès de celui-ci. Déjà alors, il paraissait avoir certaines difficultés à se déplacer, au point de devoir être accompagné pour entrer sur scène. On ne savait pas très bien qui, de lui ou de sa contrebasse, soutenait l'autre. Mais dès les premières notes, il dégageait, tantôt une énergie considérable, tantôt une grande sensibilité.

En juillet dernier, j'avais encore eu l'occasion de le photographier au sein du Buena Vista Social Club Orquesta, à l'occasion de son passage dans le cadre du Gent Jazz Festival. La vidéo que j'ai choisi pour illustrer ce billet a été enregistrée en Crète, lors de cette tournée qui restera sa dernière. On le voit épauler le jeune pianiste Rolando Luna dans une improvisation sur un thème d'Edith Piaf.

Orlando "Cachaito" Lopez est décédé dans un hôpital de La Havane, des suites de complications survenues après une opération de la prostate.







# Posté le mercredi 11 février 2009 17:30

Modifié le dimanche 12 avril 2009 03:17

RHONNY VENTAT FUNKY JAZZ BAND (Namur, 4. Feb. 2009)

RHONNY VENTAT FUNKY JAZZ BAND (Namur, 4. Feb. 2009)
J'ai eu l'occasion de voir pour la première fois Rhonny Ventat et son groupe en décembre dernier, lorsqu'ils s'étaient produits à Florennes (cf. mon billet précédent à ce sujet). Quelques jours plus tôt, ils avaient donné leur premier concert à Louvain-la-Neuve devant un public estudiantin.

Ce 4 février, c'étaient les Facultés Universitaires de Namur qui accueillaient le groupe, en ouverture du festival Nam'in Jazz. Aux amateurs de jazz (dont plusieurs avaient déjà assisté au concert de Florennes) s'étaient donc joints de nombreux étudiants, qui pouvaient profiter de prix tout à fait démocratiques (entrée à 3 euros, bière à 1 euro).

La composition du groupe n'a pas changé : aux côtés de Rhonny Ventat qui emmène le groupe en passant d'un saxophone à l'autre (parfois même en utilisant simultanément l'alto et le ténor, comme sur la photo ci-dessus), à la flûte, ou encore aux claviers, Mao Blanc est à la guitare, Benoît Vanderstraeten à la basse et Michel Moliterno à la batterie.

Malgré la configuration du lieu (un plateau de forme dyssymétrique en sous-sol, entouré de murs en béton), le son a pu être rendu tout à fait acceptable grâce au travail du technicien son, et les jeux de lumière ont permis de prendre quelques photos intéressantes.

Comme à Florennes, nous avons eu droit à une set-list éclectique, alternant les compositions personnelles de Rhonny et les adaptations d'autres compositeurs, passant du tango d'Astor Piazzola à des sonorités planantes évoquant Pink Floyd, ou à des rythmes funky. Par contre, pas d'écran géant ni projection de diaporama : dans la salle, le photographe Olivier Raypp était occupé à coucher sur papier les idées de jeux de lumière qui lui venaient à l'esprit au fil des thèmes abordés, de manière à nous en faire profiter lors d'un prochain concert.

Si une partie du public étudiant, rassemblée autour du bar, s'est montrée quelque peu indisciplinée en début de 2ème set, Rhonny a eu vite fait de ramener tout le monde à l'écoute, en allant jouer au beau milieu des spectateurs, grâce au micro HF.

C'est finalement l'heure tardive qui a contraint les musiciens à s'arrêter de jouer. Il est vrai que les organisateurs devaient encore remettre les lieux en état avant de les quitter, pour que le bâtiment retrouve dès le lendemain matin sa vocation première.

La page MySpace de Rhonny
Quelques photos du concert

# Posté le dimanche 08 février 2009 16:48

Modifié le vendredi 28 août 2009 07:16

GALOU, aka GAELLE MIEVIS (Carnières, 17. Jan. 2009)

GALOU, aka GAELLE MIEVIS (Carnières, 17. Jan. 2009)
Si j'ai pu apprécier les qualités vocales de Galou à de nombreuses reprises en tant que choriste aux côtés de B.J. Scott, la voir et l'écouter dans son propre univers musical ne m'avait été possible qu'à l'occasion de la "première", donnée à Bruxelles en septembre dernier (cf. mon billet à propos de ce concert).

Alors, même incomplètement remis de ma fatigue suite au concert de Jacques Stotzem, la veille, je ne voulais pas manquer cette occasion, d'autant que certaines chansons, à peine achevées en septembre, ont cette fois pu être peaufinées, tandis que quelques autres sont venues s'ajouter pour donner à l'album en préparation sa composition définitive.

Autour de Galou, le groupe était quasi inchangé par rapport à celui qui l'avait accompagnée à Bruxelles : Ludo Catalfamo à la guitare et au clavier, Dimitri Evers à la basse, et Yves Baibay à la batterie. Jean-François Pinchart, lui, avait délaissé sa guitare au profit de son appareil photo, pour immortaliser l'événement.

Pour l'occasion, Galou avait invité quelques musiciens avec qui elle a travaillé et qu'elle apprécie : c'est ainsi que sont successivement venus sur scène le violoniste Grégoire Dune, puis Aude Henneville, avec qui Galou a chanté "Amsterdam" de Jacques Brel (enregistré en clip vidéo pour commémorer l'anniversaire de sa mort), et finalement, Beverly Jo Scott, pour (notamment) une magifique interprétation en duo de "Say ain't it so, Joe", le titre culte de Murray Head en fin de concert, juste avant le rappel sur "Come Together" de circonstance.

Dans un centre culturel pas très grand, certes, mais affichant quasi complet, Galou nous a encore régalé : performance vocale, émotions, lumière, qualité de la sonorisation, tout a contribué a nous faire passer une superbe soirée, terminée bien sûr au bar aux côtés des musiciens.

La page MySpace de Galou
Interview de Galou, réalisée après le concert
Amsterdam
Mes photos de Galou en concert


En guise de précision, Gaëlle a décidé d'abandonner son surnom "Galou", et de réapparaître désormais sur scène sous son vrai patronyme. Exit donc "Galou" (auquel j'avais du mal à m'habituer) et welcome back to "Gaëlle Miévis"; la qualité du projet n'en sera évidemment pas affectée.


# Posté le jeudi 22 janvier 2009 04:06

Modifié le vendredi 17 avril 2009 07:38

JACQUES STOTZEM (Marchin, 16. Jan. 2009)

JACQUES STOTZEM (Marchin, 16. Jan. 2009)
En mai dernier, après avoir accueilli Jacques Stotzem en concert privé à l'occasion d'un événement familial, j'avais proposé au Centre Culturel de ma commune d'organiser un de ses concerts, dans le cadre de la tournée de présentation du nouvel album, alors en préparation. C'est ainsi que la date de ce 16 janvier avait été retenue.

Jacques Stotzem est un guitariste verviétois, devenu un des maîtres du finger-picking, au point que la plus fameuse marque de guitares acoustiques Martin & Co a proposé de construire un modèle "Signature" à son nom; il est un des rares européens à avoir connu ce privilège, ... avec Eric Clapton et Sting.

Après une dizaine d'albums de compositions personnelles, il a choisi de reprendre pour son nouveau cd des morceaux de guitaristes et groupes qui l'ont influencé. La liste des morceaux choisis (dans le désordre) parle d'elle-même : "Voodoo Child", "Fire" et "Purple Haze", de Jimi Hendrix, "With or Without You" et "One" de U2, "Shape of my Heart" et "Fields of Gold" de Sting, "After the Gold Rush" et "Heart of Gold" de Neil Young, "No Surprises" de Radiohead, "Moonchild" de Rory Gallagher, et "Come Together" des Beatles. Mais pour adapter ces morceaux à la guitare acoustique, Jacques s'est attaché à rechercher l'esprit dans lequel il ont été créés, avec énormément de respect pour les compositeurs des oeuvres originales. Cette démarche est d'ailleurs à l'origine du nom de l'album, "Catch the Spirit".

Par sa technique, Jacques Stotzem parvient à jouer simultanément la ligne de basse et la ligne mélodique, comme si deux musiciens jouaient ensemble. En outre, le déplacement des doigts s'effectue sans qu'aucun glissement parasite ne soit perceptible.

A titre d'exemples, voici les liens avec les vidéos de With or Without You et Purple Haze. A partir de ces liens, de nombreux autres enregistrements peuvent aussi être visionnés, aussi bien pour d'autres morceaux du dernier album, que des compositions personnelles.

Les concerts de Jacques auxquels j'avais assisté rassemblaient jusqu'ici, en général, entre 70 et 100 personnes; nous partions avec l'idée d'accueillir un public de cet ordre, mais c'était sans compter sur l'impact de la radio : la station nationale "Classic 21", spécialisée dans la diffusion de musique "classic rock", a programmé à plusieurs reprises des extraits du cd, et a invité Jacques à jouer en direct pendant une émission du dimanche matin très écoutée. Résultat : un afflux de réservations et un concert sold-out dès le mardi précédant l'événement. Incroyable !

Pour introduire le concert de Jacques, nous avons voulu donner l'occasion à Ystad, un groupe formé par des jeunes du village, de se produire dans une 1ère partie, certes assez courte, mais qui leur a permis de donner au public un aperçu de leur talent. Notre espoir est que cette prestation accroisse leur notoriété dans la région, et leur ouvre quelques portes.

Le concert, qui a semblé beaucoup trop court tant il était intense, a été unanimement apprécié, et le public s'est précipité pour acheter et faire dédicacer le cd. Les responsables du Centre Culturel, eux, se réjouissaient du succès, en indiquant que jamais sans doute, le Centre Culturel de Marchin n'avait accueilli un artiste d'un tel niveau. Nous aurons vraisemblablement l'occasion de réfléchir prochainement à l'organisation d'autres événements similaires.

Voilà donc comment s'est ouverte mon année 2009.

Je termine ce billet, comme d'habitude, en donnant quelques liens en rapport avec l'artiste évoqué ci-avant :

Le site officiel de Jacques Stotzem
Sa page MySpace
Quelques photos de Jacques en concert dans mon album MySpace

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 06:10

Modifié le jeudi 05 mars 2009 15:56