ANA POPOVIC (Overpelt, 27. mar. 2009)

ANA POPOVIC (Overpelt, 27. mar. 2009)

Trois mois se sont écoulés depuis le dernier concert d'Ana Popovic auquel j'avais eu l'occasion d'assister, à Bonn. Entretemps, Ana a embarqué à Fort Lauderdale pour une semaine de rêve à l'invitation des organisateurs de la "Legendary Rhythm' & Blues Cruise" aux côtés des Fabulous Thunderbirds, de Derek Trucks et Susan Tedeschi, de Taj Mahal et bien d'autres. A peine rentrée de cette croisière, elle est allée à Los Angeles pour enregistrer une partie de l'album qui sortira cet été.

Cette nouvelle rencontre avec Ana s'annonçait donc intéressante à plus d'un titre. Une rencontre qui s'est d'ailleurs déroulée en deux temps puisque, par un concours de circonstances, nous nous sommes d'abord retrouvés avec Ana et ses musiciens dans un restaurant de la ville.

Le concert en lui-même ne sera pas celui qui laissera le meilleur souvenir dans ma mémoire. En cause d'abord, un son malheureusement assez désastreux, tant d'ailleurs sur scène que dans la salle. Des premiers rangs où nous étions, le son était encore correct parce que venant des amplis des musiciens, mais celui diffusé par l'amplification de la salle était par contre sourd et assez désagréable.

Par ailleurs, je m'attendais à entendre pour la première fois au moins l'une ou l'autre des nouvelles compositions de l'album à paraître. Or, avec le développement des vidéos et de Youtube, Ana veut légitimement éviter que les nouvelles chansons ne soient diffusées sur le net avant même que l'album ne sorte. On s'en est donc tenu à une set-list assez classique, avec les chansons extraites des albums précédents, et notamment de l'album "Still Making History".

J'ai toutefois pu entendre pour la première fois en live "Bring Your Fine Self Home", qu'Ana interprète sur l'album "Hush" en duo avec Bernard Allison. Au total, un concert de près de deux heures (dont une partie exécutée à la guitare acoustique), au terme duquel Ana est venue nous rejoindre dans la salle pour partager nos impressions.

Pour nous, fans, les concerts d'Ana sont autant d'occasions de nous retrouver. C'est ainsi avec beaucoup de plaisir que j'ai pu revoir Philippe et Anne-Christine, mes amis de Power Hoops , ainsi que Johan et son équipe, en pleine préparation de la 6ème édition du Bierbeek Blues d'Up qu'ils organisent ce 4 avril.

Le prochain rendez-vous en Belgique, ce sera à Lommel (à quelques kilomètres à peine d'Overpelt), fin juin, mais je ne pourrai malheureusement y assister. Comme Ana passe la plus grande partie de l'été loin de chez nous (elle assurera notamment la 1ère partie de B.B. King à Helsinki), je n'aurai plus d'opportunité pour la revoir avant l'automne. Mais alors, le nouvel album sera disponible, et nous serons d'autant plus motivés pour les retrouvailles.

Quelques liens intéressants
Le site web officiel d'Ana
Sa page MySpace
Son fan-site : infos, forum de discussion,...
Quelques photos d'Ana et de son groupe en concert, sur ma page MySpace


Séquences vidéo choisies (en dehors des extraits de DVD commercialisés)
Hometown
Love Fever
House Burning Down (de Jimi Hendrix)


# Posté le lundi 30 mars 2009 17:30

Modifié le dimanche 12 avril 2009 03:18

BRADLEY'S CIRCUS (Overpelt, 27. mar. 2009)

BRADLEY'S CIRCUS (Overpelt, 27. mar. 2009)
Il est peu probable que ceux qui liront ce billet aient un jour entendu parler de Bradley's Circus, un groupe assez jeune (formé en 2005), et a fortiori, qu'ils aient eu l'occasion de le voir sur scène.

Ce groupe venu de Tilburg (pays-Bas) se produisait ce vendredi en première partie de programme de la "Ladies Blues Night" organisée par le Centre Culturel d'Overpelt (une petite commune du Limbourg belge). Pour moi aussi, ce fut une découverte, bien agréable d'ailleurs, au point que j'ai largement regretté de n'avoir pas vu le début du concert. Je pense donc qu'il mérite que je lui consacre un billet séparé.

Bradley's Circus définit sa musique comme étant de la musique "contemporary roots". En fait, son répertoire est assez varié et va du blues lent au boogie, en passant bien sûr par la "roots music". L'utilisation, par le guitariste Jimmy The Lounge, d'une grosse Gibson demi-caisse (ES175 ?), donne un son caractéristique, parfaitement adapté à ce type de musique.

La présence de Bradley's Circus dans un événement intitulé "Ladies Blues Night" est justifiée par ses membres les plus charismatiques qui tiennent le devant de la scène : la chanteuse Mattanja Joy Bradley (cf. photo) et l'harmoniciste Lidewij Veenhuis. Mattanja a une voix superbe, qui sur certaines chansons me faisait un peu penser à celle de Norah Jones; en plus, avec sa présence sur scène, le plaisir des yeux s'ajoute à celui des oreilles. Le jeu de Lidewij à l'harmonica se caractérise par beaucoup de finesse, aussi bien dans l'accompagnement que dans les solos.

Comme de tradition dans un groupe de "roots", la rythmique est assurée, avec efficacité mais aussi avec sobriété par une contrebasse, tenue ici par Toine Stout, et par la batterie, tenue par Beewee Nederkoorn.

Bradley's Circus a, à ce jour, enregistré 2 cd : "Live in Holland" paru en 2007 et "Shotgun Bunny", son premier album studio sorti en 2008.

Voici quelques liens pour découvrir ce groupe intéressant :
Le site officiel du groupe
Sa page MySpace
La page MySpace de Mattanja Joy Bradley


En vidéo :
Let's Go
Shake it
Deal
All of Your Love
Turn Me On de Norah Jones, par Mattanja Bradley


# Posté le dimanche 29 mars 2009 07:41

Modifié le dimanche 12 avril 2009 03:18

GARY MOORE (Köln, E-Werk, 18. Mar. 2009)

J'attendais l'occasion de voir Gary Moore sur scène depuis près de trois ans, après avoir manqué son dernier passage à la Rockhal d'Esch-sur-Alzette. Aussi, lorsque j'ai vu sur son site que sa tournée 2009 se partageait entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne, il ne m'a pas fallu longtemps pour me décider à faire le déplacement à Cologne.

La E-Werk est une salle de taille moyenne (à vue de nez +/- similaire à l'Ancienne Belgique) aménagée dans une usine désaffectée, au sein d'un quartier industriel de Cologne. On est loin du cadre prestigieux de l'Olympia, mais, l'important, finalement, c'est ce que nous allons vivre à l'intérieur. Arrivés parmi les premiers, après une attente assez courte, nous avons pu sans trop de peine nous positionner, vers le 4ème-5ème rang, face au milieu de la scène.

Après une première partie sans grand intérêt (contrairement à Paris, en novembre dernier, où l'excellent Otis Taylor avait assuré le "support act"), le centre de la scène est entièrement dégagé; la batterie trône dans le fond, tandis que les claviers ont été installés sur la droite. L'attente paraît interminable pendant l'accordage des guitares, mais après 3/4 d'heure, le concert débute enfin.

"Bad for You, Baby", plage titulaire du nouvel album, ouvre logiquement le concert; c'est un blues énergique, exécuté à la Telecaster. Gary Moore utilise des sons saturés, empruntés au rock (même assez hard) où il a excellé avant de s'orienter vers le blues (il a été membre de Thin Lizzy). Après un deuxième morceau de la même veine, vient le moment de passer à la 1ère Les Paul (il en utilisera 4 différentes, dont la Sunburst 1959, rachetée à Peter Green) pour interpréter "Since I met you Baby", un vieux classique qu'il a jadis joué avec B.B. King. Puis il enchaine, toujours à la Les Paul, avec "Have You Heard", de John Mayall, extrait de l'album précédent "Close as You Get"; c'est un blues lent qui lui donne l'occasion de faire pleurer sa guitare comme lui seul sait le faire; la version du cd dure près de 6 minutes, celle-ci se prolongera bien plus longtemps. Autant dire que Gary passe bien plus de temps au centre de la scène, que près du micro, situé à l'extrême gauche.

Le concert se poursuit ainsi au rythme des changements de guitare, Gary démontrant toute sa virtuosité technique tant dans les blues énergiques que dans les blues lents, qu'il ponctue toujours par de très (parfois trop) longs solos. Bien sûr, la setlist fait la part belle au dernier album, avec notamment "Mojo Boogie" et "I Love You More than You'll Ever Know", superbe, seule chanson pour laquelle il utilisera la Les Paul Gold Top. Mais il puise également à nouveau dans l'album "Close as You Get", pour en ressortir "Thirty Days" de Chuck Berry, et le sublime "I Had a Dream". Il n'oublie pas non plus de faire participer le public, notamment sur le classique de Jimmy Rogers "Walking by Myself" (dont, à titre personnel, je préfère la version de Nine Below Zero), pour terminer le set.

Gary reviendra pour interpréter, en premier rappel, un autre classique "The Blues is Allright" (de Little Milton), en mettant à nouveau le public à contribution. Pour le second rappel, un partie des spectateurs attendait "Still Got the Blues", mais ce sera "Parisienne Walkways", avec bien entendu, l'utilisation maximale de la sustain qui rendit ce morceau célèbre.

En bref, j'ai donc encore assisté à un très bon concert, celui d'un virtuose qui se donne à fond et qui fait participer le public; le seul petit défaut à reprocher, serait que sur certains morceaux, la longueur des solos et l'étalage de virtuosité technique, poussés à l'extrême, nuisent à l'homogénéité de la chanson.

Une dernière chose : dans ce type de salle, il est généralement difficile d'entrer avec du matériel photographique voyant. Je n'ai donc pas ramené de photos du concert, et dès lors, en attendant de trouver un "collègue" compréhensif qui m'autorisera à utiliser une des siennes, c'est avec la vidéo de "Parisienne Walways" que j'ai choisi d'illustrer ce billet.


Le site web officiel de Gary Moore
Sa page MySpace
Sa biographie (en anglais) sur Wikipedia

Quelques autres vidéos :
Still Got the Blues
Story of the Blues
Walking by Myself
Over the Hills and Far Away
The Blues is Allright









# Posté le jeudi 19 mars 2009 06:39

Modifié le vendredi 27 mars 2009 06:18

ROB TOGNONI (Verviers, Spirit of 66, 6. Mar. 2009)

ROB TOGNONI (Verviers, Spirit of 66, 6. Mar. 2009)
C'était la 12ème fois que Rob Tognoni se produisait sur la scène du Spirit, ce qui en fait, je crois, le recordman des prestations dans le club verviétois. Il est de toute évidence l'un des chouchous de Francis Géron, et ce n'est certainement pas immérité, même s'il n'est peut-être pas aussi connu du grand public que John Mayall, Steve Lukather, Tony Joe White, Peter Green, ou d'autres illustres collègues qui se sont produits au Spirit dans un passé relativement récent.

Rob Tognoni est né en 1960, en Tasmanie. Il commence à apprendre la guitare à l'âge de 14 ans, après avoir assisté à un concert d'AC/DC. C'est en 1994 qu'il débarque en Europe et y enregistre son premier CD pour un label hollandais. L'album suivant "Stones and Colours", paru en 1995, reçoit un formidable accueil des crtitiques, et lance véritablement sa carrière internationale. Les albums vont alors se succéder jusqu'au 10ème opus, "2010db", tout juste sorti le mois dernier pour être vendu sur la tournée actuelle.

Rob Tognoni se produit actuellement en formule "Power Trio" : à ses côtés, Frank Lennartz est à la basse et Mirko Kirch occupe la batterie dans le fond de la scène. Cela donne celle-ci un aspect dépouillé, que Rob vient très régulièrement meubler en venant jouer au bord du plateau. Avec la virtuosité technique dont il fait preuve, le voir jouer à moins d'un mètre de soi est très impressionnant. A noter qu'il joue sur une guitare qui ressemble un peu à une Stratocaster, mais fabriquée par un luthier d'Aix-la-Chapelle sous la marque "Sign"

La musique de Rob Tognoni est faite de blues-rock extrêmement énergique, plus souvent orienté vers le rock d'ailleurs que vers le blues. Malgré la vitesse de déplacement des doigts, la maîtrise est toujours impeccable.
Il faut d'ailleurs ajouter que ses musiciens lui donnent une parfaite réplique. Dans un des moments les plus spectaculaires du concert, Rob et son bassiste se livrent à un duel, chacun avançant vers l'autre en jouant une phrase en solo, l'autre reculant, à tour de rôle comme dans un assaut d'escrime.

Après près de deux heures et demie intenses, Rob Tognoni entame en rappel une version très personnelle de "Baby please don't go" , puis laisse Mirko Kirch s'engager dans un solo de batterie. Quelques spectateurs auront même le privilège d'être appelés à monter sur scène pour assister au final aux côtés du maître.

Et bien sûr, en tant qu'habitué du Spirit, Rob restera avec ses musiciens, malgré l'heure tardive, de longues minutes dans la salle aux côtés des fans, une bière à la main.



Le site officiel de Rob Tognoni
Sa page MySpace
Mes photos du concert
Quelques vidéos :
Dirty Occupation
Red House
Comin'Home

# Posté le mercredi 11 mars 2009 16:05

Modifié le mercredi 11 mars 2009 18:45

BEVERLY JO SCOTT : Planet Janis (Verviers, Spirit of 66, 1 Mar. 2009

BEVERLY JO SCOTT : Planet Janis (Verviers, Spirit of 66, 1 Mar. 2009
Deux jours après la prestation de Peter Green, il était encore question, au Spirit, de ces grands artistes qui ont tout perdu, de par leur addiction à la drogue.

"Planet Janis" est le spectacle par lequel Beverly Jo Scott a voulu rendre hommage à Janis Joplin, en allant puiser au fond de son répertoire, mais aussi de ses influences, jusquà ses racines, pour tenter d'en retrouver l''esprit. Inutile de dire que l'émotion est omniprésente, de la 1ère note ("Summertime") à la dernière ("Me and Bobby McGee"). Ce spectacle tourne depuis quelques années, mais en cette année où l'on commémorera le 40ème anniversaire du Festival de Woodstock, l'occasion était propice pour en faire un cd live. Dans ce contexte, pouvait-il y avoir un meilleur endroit que le Spirit pour enregistrer le concert qui servira de base au cd ?

Autour de B.J., l'équipe est celle qui était venue au même endroit présenter l'album "Dix Vagues", il y a près de douze mois : Jo Mahieu à la guitare, Thierry Rombaux à la basse, Slim Batteux au clavier et au chant, Yves Baibay à la batterie, et bien sûr Gaëlle Mievis [alias "Galou"] aux percussions et aux choeurs. Tout cela étant brillamment mis en scène par Michel Gudanski [alias "Pifou"] dans un décor d'arbres et de fleurs (artificielles) aux couleurs chaudes.
Seule (toute petite) ombre au tableau, si je peux me permettre, les spots éclairaient la scène d'une lumière d'un rouge intense, notamment sur Slim, rendant la tâche des photographes assez délicate.

La set-list fait bien sûr la part belle au répertoire de Janis, mais comme je l'ai évoqué plus haut, B.J. s'attache à retrouver les influences de Janis, notamment dans le gospel ("Uncloudy Day"), le jazz de Billie Holiday, la musique folk de Bob Dylan ("Just Like A Woman"), ou encore la soul d'Otis Redding ("Cigarettes and Coffee").

Les moments intenses au cours du concert ont été particulièrement nombreux, et à tête reposée, si l'on doit n'en retenir que quelques uns, le choix est bien difficile. J'ai été particulièrement impressionné par le solo de basse de Thierry Rombaux sur "Move Over", et par l'interprétation de "Kozmic Blues". L'émotion atteindra son comble sur le rappel, lorsque B.J. évoquera les circonstances de la mort de Janis, sur une musique lancinante rythmée par les coups de maillet d'Yves Baibay, et lorsqu'elle dédiera le spectacle aux artistes, en proie au désoeuvrement dans leur hôtel, qui sont laissé entraîner dans la drogue et l'ont payé du prix de leur vie.

Ponctué par les boutades de B.J., le concert se terminera par un retour au calme, avec une toute nouvelle chanson, pour laquelle B.J. n'est accompagnée de sa seule guitare acoustique ("la peinture est encore fraîche !"), car comme elle l'a rappelé "interpréter Janis Joplin, c'est fatigant; il ne faut pas oublier que, elle, n'avait que 21 ans".

Un spectacle qui sera encore à l'affiche cet été, tant en France (Laon, 12/06; Jarnioux, 13/06; St-Julien 06/09) qu'en Belgique (Les Halles de Schaerbeek, 04/04), et qui vaut vraiment la peine d'être vu.


La page MySpace de B.J.
Une bande de lancement du spectacle
Mon album de photos du concert

Quelques séquences vidéos enregistrées ce jour-là :
"Uncloudy Day"
"Summertime"
Kozmic Blues

# Posté le lundi 02 mars 2009 14:37

Modifié le dimanche 15 mars 2009 12:53