LIGHTNIN' GUY & THE MIGHTY GATORS (Belgium Blues Festival, Peer, 19 juillet 2009)

LIGHTNIN' GUY & THE MIGHTY GATORS (Belgium Blues Festival, Peer, 19 juillet 2009)
La 3ème journée du Belgium Rhythm' & Blues Festival s'ouvrait, sur le coup de midi, par la prestation du seul groupe belge à l'affiche de ce dimanche. Lightnin' Guy & the Mighty Gators produit un blues varié, qui va du blues traditionnel de Chicago (e.a. "Goin' Down", de Freddie King en début de programme) au swamp de Louisiane ("Bon Ton Roulet", de Clifton Chénier, pour terminer le set), en passant par quelques chansons aux accents funky, un boogie repris en choeur par tout le public ("Do That Boogie"), et une magnifique adaptation de "Ain't no Sunshine" de Bill Withers, avec un passage sur un tempo de reggae.

Guy Verlinde, alias Lighnin' Guy, est le leader du groupe, à la fois chanteur, guitariste et harmoniciste. Il est épaulé à la guitare par le jeune prodige Arne Demets (16 ans à peine), certainement appelé à un avenir brillant sur la scène blues belge s'il continue sur cete voie. Au clavier, Dominique Vantomme, au clavier, est loin d'être un néophyte; c'est notamment lui qui accompagne Ana Popovic sur le cd-dvd live d'Ana à Amsterdam. Le groupe doit aussi, pour beaucoup, son énergie à sa section rythmique, Dominiek Buyse à la basse et Thierry Stiévenart à la batterie.

C'est certainement un groupe parfait pour ouvrir les festivités : un très bon niveau technique, beaucoup d'énergie, un excellent contact avec le public et une belle présence sur scène. On voit trop souvent, en ouverture de festival des groupes se démener devant un public clairsemé et amorphe. Ici au contraire, la foule, déjà importante, rassemblée au pied de la scène, s'est laissée emmener par la musique produite, et les impressions des spectateurs à l'issue du set rejoignaient les commentaires élogieux écrits à la suite de performances récentes.

Pour ma part, j'ai regretté que la prestation ait été limitée à 45 minutes, mais les musiciens ont eux, pu apprécier ces moments qui leur ont permis de se faire connaître, et ont déjà noué des contacts avec d'autres organisateurs pour de prochains concerts; nul doute que j'aurai l'occasion d'en reparler sur ce blog.

Pour découvrir Lightnin' Guy & the Mighty Gators
La page MySpace du groupe
Le cd 'Live from the Heart, disponible sur Amazon.fr
Mes photos du concert


En vidéos :
Do that Boogie
Just Your Fool
Nine Below Zero (unplugged)

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# Posté le mardi 21 juillet 2009 04:26

Modifié le mercredi 22 juillet 2009 15:31

B.B. KING (Gent Jazz Festival, 8 juillet 2009)

B.B. KING (Gent Jazz Festival, 8 juillet 2009)
J'avais eu l'occasion de voir B.B. King à Forest-National en 2005, dans le cadre de la tournée organisée pour fêter son 80ème anniversaire. Cette tournée avait alors été présentée comme son dernier passge en Europe, mais lui-même avait démenti en annonçant qu'il reviendrait encore tant que sa santé le lui permettrait.

Quatre années plus tard, il revenait en Belgique dans le cadre d'une tournée qui lui fera visiter les grands festivals de jazz européens : sa route passera ainsi notamment par le North Sea Jazz Festival à Rotterdam avant de se diriger vers Montreux, Nice et Cognac. C'est dire si c'était un honneur pour le Festival de Jazz de Gand de pouvoir l'accueillir pour sa soirée d'ouverture.

Sachant que les années qui passent réduisent inexorablement les probabilités de le revoir encore sur scène, j'avais réservé très tôt mes billets pour cette soirée, pour être certain de ne pas la manquer, et l'excitation montait depuis quelques jours à l'idée de vivre cet événement.

B.B. King, en concert, c'est l'opposé de son ami Eric Clapton : des mimiques expressives, des rires communicatifs, une communion permanente avec son public; il parle énormément entre les chansons, et raconte des anecdotes, des boutades; il charrie ses jeunes (!) musiciens, et rit de lui-même aussi, notamment lorsqu'il compare son physique à celui de ... Michael Phelps, ...

Certes, il ne peut masquer ses 83 ans, et ses ennuis de santé, liés au diabète qui l'affecte depuis une vingtaine d'années. Il laisse donc ses musiciens (notamment une section cuivres et saxos impressionnante) introduire les deux premiers morceaux, il joue l'intégralité de son concert assis, et termine visiblement fatigué. Mais dès qu'il touche les cordes de sa guitare "Lucille", la magie s'installe. Le son de cette Gibson est reconnaissable entre mille.

Une heure et demie d'un intense bonheur, ponctué de classiques du blues : "Let the Good Times Roll", "Key to the Highway", "Every Day I've the Blues", "When Love Comes to Town" (qu'il avait interprété jadis avec U2); il chantera aussi "See that my Grave is kept clean", de Blind Lemon Jefferson, dont les premiers mots "One kind favor" ont été repris comme titre de son dernier album paru l'an dernier. Le concert se terminera, comme il se doit, par "The Thrill is Gone", sans doute la chanson la plus connue de B.B. King.

"One kind favor", c'est aussi ce que B.B. King nous a accordé, par ce concert, et cela restera dans ma tête pour longtemps.

Quelques liens :
Mes photos du concert
Le site officiel de B.B. King
Sa page MySpace

Quelques vidéos choisies :
Let the Good Times Roll
Blues Boys Tune
Key to the Highway
The Thrill is Gone
Rock me Baby, avec Eric Clapton, Buddy Guy et Jimmie Vaughan
Sinner's Prayer, avec Billy Preston et Bruce Willis
When Love Comes to Town, avec U2

# Posté le samedi 11 juillet 2009 07:12

Modifié le mardi 20 octobre 2009 15:31

CHINA MOSES & RAPHAEL LEMONNIER (Gent Jazz Festival, 8 juillet 2009)

CHINA MOSES & RAPHAEL LEMONNIER (Gent Jazz Festival, 8 juillet 2009)
China Moses est l'une des révélations de cette année 2009 sur la scène jazz. Fille de la chanteuse américaine Dee Dee Bridgewater (qui s'était établie en France), elle a été bercée dès son plus jeune âge par la musique d'une des reines du jazz et du blues au début des années '60, Dinah Washington.

China Moses s'est fait connaître comme animatrice sur la chaîne de télévision MTV France, et comme chanteuse de R 'n B. C'est dire si elle était alors à 100 lieues du jazz, et du projet qui l'occupe actuellement.

Une rencontre fortuite avec le pianiste Raphaël Lemonnier lui a donné l'occasion de monter ce spectacle d'hommage à Dinah Washington, qui tourne maintenant depuis près de deux ans, mais c'est la sortie de l'album "This One 's for Dinah" en mars dernier, sous le label "Blue Note", qui a lancé China Moses et Raphaël Lemonnier sur la voie du succès mondial : après Rome, Paris, Stockholm, et Tokyo, ils faisaient escale à Gand pour y présenter leur spectacle pour la deuxième fois au public belge (après être passés par Liège en mai dernier).

La voix de China est magnifique et colle parfaitement avec cette musique. Pendant une heure et quart, le public est plongé dans l'ambiance des clubs de jazz et blues dans les années '60. China entre un verre à la main (mais ne le boira pas !), puis chante et emmène le public à travers le répertoire de Dinah sur des rythmes tantôt lents ("Cry me a River", "Mad about the Boy", "What a Difference a Day Makes",...), tantôt plus rapides ("Fat Daddy", "Evil Gal Blues", ...), toujours avec la même aisance et le même sourire. China a le rythme dans la peau et cela se voit. Entre les chansons, elle évoque par des anecdotes la vie passionnée et tumultueuse de la diva.

China, merveilleusement sensuelle, est incontestablement le personnage central du spectacle; cela ne doit cependant pas faire perdre de vue que le projet est magistralement soutenu par des musiciens de très haut niveau, qui doivent tous être englobés dans le même éloge : Raphaël Lemonnier au piano, Patricia Lebeugle à la contrebasse, Jean-Pierre Derouard à la batterie, et François Biensan à la trompette.

Même si le public était venu, en grand nombre, essentiellement pour le concert de B.B. King qui allait suivre, il a été conquis par la performance des musiciens, et leur a réservé une "standing ovation" émouvante, ce qui est somme toute assez rare pour des artistes de milieu de programme et qui méritait donc d'être signalé.

Ne cherchez plus mon "coup de coeur" 2009; le voici.

Pour en savoir plus :
Le site web de China Moses et Raphaël Lemonnier
La page MySpace de China Moses, celle de Raphaël Lemonnier
La page MySpace du projet "This One 's for Dinah"
Mes photos du concert

En vidéo :
Une interview de China Moses à propos de ce projet
Un reportage TV France 3
Fine Fine Daddy
Dinah's Blues
Cry me a River
Mad about the Boy



# Posté le jeudi 09 juillet 2009 12:12

Modifié le mardi 20 octobre 2009 15:31

BUDDY WHITTINGTON (Verviers, Spirit of 66, 5 juin 2009)

BUDDY WHITTINGTON (Verviers, Spirit of 66, 5 juin 2009)

John Mayall dit de lui que c'est peut-être le plus grand des guitaristes qui l'ont accompagné; lorsque l'on se rappelle que les Bluesbreakers ont, à un moment donné, compté dans leurs rangs Eric Clapton, Peter Green et Mick Taylor, cela situe le compliment adressé par le "papy" du British blues.

Buddy Whittington est sans doute aussi celui qui est resté le plus longtemps aux côtés de John Mayall. Il emmenait en effet les Bluesbreakers depuis 1993, en succédant à Coco Montoya, et est ainsi certainement à la base du son des albums récents de John Mayall, et notamment du fameux concert de son 70ème anniversaire, immortalisé dans un magnifique dvd.

John Mayall ayant "libéré" les Bluesbreakers vu son souhait de réduire le nombre de ses prestations (il sera néanmoins sur la scène du Belgian Rhythm' & Blues Festival à Peer cet été), le moment était pour que Buddy Whittington poursuive désormais sa carrière sous son propre nom, avec un nouveau groupe. Il a rassemblé pour cela autour de lui d'excellents musiciens : Pete Stroud, à la basse, et Roger Cotton, aux claviers, ont fait partie entre 1998 et 2004 du Peter Green Splinter Group (bien meilleur que le groupe que l'on a vu aux côtés de Peter Green cette année); à la batterie, Steve Dixon a, quant à lui, accompagné Gary /Moore.

En guise de mise en bouche, Buddy nous sert le "You Upset Me Baby", un des premiers singles de B.B. King, avec lequel il introduisait les concerts de John Mayall. Un peu plus tard, il entame "Big Legged Woman (with a short short mini skirt)", de Freddie King. Entretemps, nous avons eu droit à deux compositions personnelles de Buddy, extraites de l'album éponyme paru à la fin de l'année dernière. Le ton est donné : pendant toute la soirée, nous aurons droit à une alternance de blues classiques, souvent repris du répertoire de John Mayall ("Hideaway", "Maydell", "Help me through the Day", "You've got me licked",...) et les chansons de l'album qui tendent le plus souvent vers un style blues/rock, parfois même avec des touches funky comme dans "Stevie Rave On", dédié bien évidemment à Stevie Ray Vaughan; un moment de rêverie aussi, avec un surprenant, léger, et très agréable instrumental nommé "Greenwood".

Le rappel débute avec "Everytime I Roll the Dice", un rock très entrainant, quoique assez peu connu, de Delbert McClinton. Et lorsque Buddy entame la chanson suivante, quelques notes suffisent à transporter le public au bord de l'extase : c'est sur une très convaincante interprétation de "Since I've Been Loving You", façon Led Zep (quoiqu'un peu plus courte) que s'achève ce superbe concert que nous aurions certainement bien aimé prolonger.

Entre les deux sets, Buddy s'est payé un bain de foule dans le fond de la salle pour dédicacer avec beaucoup de gentillesse les cds (sans oublier la photo A4 du concert de Mayall que j'avais imprimée) et échanger quelques mots avec le public.

Comme d'habitude, voici quelques liens intéressants :
La page MySpace de Buddy Whittington
Quelques photos prises pendant le concert


Et des vidéos en pagaille :
Greenwood
Minor Blues
You Upset Me Baby
Big Legged Woman
Help me through the Day
All your Love
Love You More and More Everyday
Everytime I Roll the Dice
Since I've Been Loving You

# Posté le mercredi 10 juin 2009 14:56

Modifié le mercredi 10 juin 2009 17:02

Le monde du Blues en deuil : KOKO TAYLOR (28/09/1928 - 03/06/2009)

Elle était surnommée "the Queen of the Blues". Koko Taylor (de son vrai nom Cora Walton) est née à Memphis, mais c'est à Chicago qu'elle s'est révélée après y avoir été découverte en 1962 par le compositeur bassiste Willie Dixon. Elle est décédée ce 3 juin 2009 des suites de complications après une opération chirurgicale.

Sa participation à la cérémonie des Blues Music Awards (elle avait remporté son 29ème "Award" en étant désignée "Traditional Female Blues Artist of the Year"), le 7 mai dernier, restera son ultime prestation scénique.

Son style a fortement influencé des chanteuses comme Janis Joplin, Bonnie Raitt, Susan Tedeschi, ...

Voici quelques liens ...
son site officiel
sa page MySpace


et quelques vidéos
Wang Dang Doodle (enregistré l'an dernier, à 80 ans !)
Can't Let Go
Long Distance Call
Ernestine


en hommage à cette grande Dame du Chicago Blues.
Qu'elle repose en paix, aux côtés de Willie Dixon, Muddy Waters, Junior Wells, John Lee Hooker, ...

# Posté le jeudi 04 juin 2009 12:29

Modifié le jeudi 04 juin 2009 13:33