De la musique avant toute chose ...

J'ai conçu ce blog pour y présenter un compte-rendu des concerts auxquels j'ai eu la chance (le plus souvent, parfois la malchance aussi !) d'assister.

Chaque concert fait ainsi l'objet d'un billet, illustré par une des photos que j'ai prises sur place, ou par une vidéo lorsque je n'ai pas pu utiliser mon appareil.

Je vous invite à placer dans ce billet introductif tous vos commentaires en rapport avec la musique, mais qui ne sont pas directement liés aux artistes présentés sur le blog. Merci d'avance.

[Philippe]

# Posté le vendredi 10 avril 2009 03:50

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 17:20

ROCK INTERVIEWS

ROCK INTERVIEWS
Un complément idéal aux articles de ce blog :
Rock-Interviews.com
vous présente, en vidéo (+ traduction écrite en français) des interviews de musiciens, réalisées le plus souvent à l'occasion de leur passage en France.

Parmi les derniers à s'être prêtés au jeu : John Mayall, Buddy Whittington, Chick Churchill (de Ten Years After), Brendan o'Neill et Dennis Greaves (de Nine Below Zero), Steve Walwyn, Kevin Morris et Robert Kane (de Dr. Feelgood),...

N'hésitez pas à y faire un tour, et à vous inscrire à la newsletter, pour être tenus informés des nouvelles interviews publiées.

[Philippe]

# Posté le dimanche 15 novembre 2009 15:56

BUENA VISTA SOCIAL CLUB ORQUESTA, Bruxelles, AB, 18. novembre 2009

Depuis plusiseurs années, chaque passage en Belgique du Buena Vista Social Club déclenche un énorme engouement auprès du public, et cette annnée encore, toutes les places de l'Ancienne Belgique avaient été vendues plusieurs semaines avant le concert. Pour accueillir les musiciens, la salle de l'AB (en configuration debout, 2.000 personnes) était donc copieusement remplie d'un public enthousiaste, et en moyenne plus jeune que celui auquel je m'attendais.

J'ai eu l'occasion de voir cet orchestre à diverses reprises, dont la première fois quelques semaines avant le décès d'Ibrahim Ferrer. Dans les deux premiers cas, cela se passait dans la salle Reine Elisabeth d'Anvers dans le cadre des VW Spring Sessions, puis de l'Audi Jazz, et la dernière fois, en juillet 2008 au Festival de Jazz de Gand.

Le temps ne semble pas avoir de prise sur le dynamisme et l'enthousiasme des vétérans tels que les trompettistes Manuel 'Guajiro' Mirabal (76 ans) et Luis Alemany, les percussionnistes Filiberto Sanchez, Amadito Valdes et Angel Terry, ou encore le fantastique joueur de laùd Barbarito Torres. Seul le guitariste Manuel Galban (78 ans) paraît, lui, plus effacé que par le passé.

Depuis que l'Orchestre du Buena Vista Social Club s'est fait connaître à travers le monde, notamment grâce au film documentaire que Wim Wenders a réalisé (sorti en Europe en 1999), l'effectif s'est partiellement renouvelé. Ainsi, depuis sa prestation à Gand l'an dernier, le groupe a malheureusement perdu le contrebassiste Orlando 'Cachaito' Lopez, décédé au début de cette année. Mais le talent ne manquant pas sur l'île de Cuba, la qualité du groupe ne s'en ressent pratiquement pas. Ainsi, le jeune Rolando Luna, qui a succédé à Roberto Fonseca, avait remporté il y a quelques années le concours de piano organisé dans le cadre du Festival de Montreux. Tout au plus peut-on regretter que ni Carlos Calunga, pourtant excellent, ni l'exubérante Idania Valdes, ne puissent dégager la même émotion qu'Ibrahim Ferrer ou Compay Segundo; sans doute est-ce une question d'âge. Par contre, ils se montrent tout deux parfaitement à la hauteur de leur tâche pour ce qui est d'entraîner le public.

Celui-ci ne s'est donc pas fait prier pour se dandiner au rythme des rumbas, chachachas, danzons ou autres mambos. Pendant deux heures, nous avons donc pu réentendre les grands succès de la musique cubaine tels que "Chan Chan", "El Carretero", "El Cuarto de Tula", et en rappel "Dos Gardenias", et "Candela". Entre ces chansons, popularisées par le Buena Vista Social Club, nous avons eu droit aussi à quelques chansons moins connues, et d'autres, traditionnelles comme "Guantanamera" ou "Cerezo Rosa". Enfin, je mentionnerai dans la setlist la musique de Joseph Kosma qui avait été immortalisée par Yves Montand avec le texte de Prévert "Les Feuilles Mortes", ici dans une interprétation instrumentale émouvante, par le tromboniste Jesus "Aguaje' Ramos et par le trompettiste Manuel 'Guajiro' Mirabal.

Deux heures de parfait amalgame entre le jazz et la musique traditionnelle cubaine, deux heures de pur bonheur, donc, que la vidéo illustrant ce billet ne restitue que de manière très imparfaite. Malheureusement, il est très difficile pour un spectateur d'entrer à l'Ancienne Belgique avec du matériel photographique performant; il semble en outre que la presse n'ait pas envoyé de photographe officiel pour ce concert. Dommage !

Liens utiles pour en savoir plus :
Le site officiel du Buena Vista Social Club
Leur page MySpace
La page Wikipedia consacrée au cd et au film

Quelques séquences vidéos choisies :
Chan Chan (enregistrée à Amsterdam en 1998; Compay Segundo et Eliades Ochoa au chant)
Candela
El Cuarto de Tula (enregistrement de 2007 avec Roberto Fonseca au piano, et Cachaito Lopez à la contrebasse
)








# Posté le vendredi 20 novembre 2009 16:19

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 12:11

JOHNNY WINTER (Dolhain, le Kursaal, 9. novembre 2009)

JOHNNY WINTER (Dolhain, le Kursaal, 9. novembre 2009)
La venue de Johnny Winter en Belgique était certainement l'événement majeur de l'automne sur la scène blues. Initialement annoncée au Spirit of 66, elle avait suscité un tel engouement que, dès le mois de juin, la demande de places avait largement dépassé la capacité de la salle, amenant Francis Géron à transférer l'organisation du concert vers Dolhain, à quelques kilomètres de Verviers. Avec raison, puisque les 1.200 places que le Kursaal peut accueillir avaient rapidement trouvé preneur depuis plusieurs semaines.

Pressentant un concert assez court, Francis Géron avait invité le guitariste Jacques Stotzem à compléter l'affiche en assurant la première partie. Un set entamé avec "Fire" de Jimi Hendrix, puis "With or Without you", de U2 et "Moonchild" de Rory Gallagher, il n'en fallait pas plus pour chauffer ce public qui n'a pas ménagé ses applaudissements. Jacques poursuivra avec "Oasis", une composition personnelle, "Future Blues", un classique du blues du Mississipi (accompagné au chant par Géraldine Jonet), et "Purple Haze", avant de terminer son set avec le medley "All of me / Sweet Georgia Brown" pour laisser la place à Johnny Winter.

Après un court entracte, les musiciens du groupe entrent d'abord seuls en scène pour ouvrir le concert avec "Paul Nelson's Jam", un blues/rock énergique; tour à tour, Paul Nelson à la guitare, Scott Spray à la basse et Vito Liuzzi à la batterie pourront ainsi démontrer leur virtuosité, avant de se mettre en retrait au service de leur patron, auquel ils sont manifestement totalement dévoués.

Johnny Winter arrive alors d'une démarche hésitante (il est devenu aveugle), avec son look habituel, longs cheveux blancs et la tête couverte d'un stetson noir (d'où j'étais placé, difficile d'espérer avoir une bonne photo du visage !), et s'installe avec sa curieuse guitare Erlewine Lazer.

Beaucoup de choses, en sens divers, ont été écrites à propos des concerts de Johnny Winter au cours des dernières années. Il est en fait aisé de comprendre que la qualité de ses prestations soient largement tributaires de son état de santé, même s'il n'a que 65 ans. Aussi, en le voyant arriver ainsi sur scène, beaucoup ont craint de revivre un concert décevant, comme l'avait été celui de Peter Green il y a quelques mois.

Johnny Winter entame alors "Hideaway", l'instrumental de Freddie King, sur un tempo plus rapide que celui des versions souvent entendues, notamment lors des concerts de John Mayall. Un peu plus tard, il rendra encore hommage à Freddie King, cette fois avec "Tore Down", chanté par Vito Liuzzi. Pendant un peu plus d'une heure, Johnny Winter va donner un concert finalement plus rock que que blues, qu'il termine par "It's All Over Now" de Bobby Womack, dont les Rolling Stones avaient fait la version la plus célèbre. Dans l'intervalle, il ne se sera octroyé un retour au calme qu'en deux occasions, notamment pour donner une très belle interprétation de "Red House", de Jimmy Hendrix.

Pour le rappel, il reprendra sa vieille Gibson FireBird 1963 (personnellement, je préfère de loin le son de celle-ci), pour terminer avec "Mojo Boogie" et "Highway 61", deux chansons qui lui permettront de montrer sa maîtrise en slide avant de clôturer la soirée. C'est en effet en vain que le public réclamera un second rappel.

Si la cécité qui affecte Johnny Winter le contraint à faire preuve de prudence dans ses déplacements, à jouer assis, et sans doute à réduire la durée de ses prestations, elle n'a pas altéré ses qualités musicales, même si sa voix est moins puissante et moins agressive que par le passé. Au total, le set n'aura duré que 80 minutes, mais nous pourrons désormais dire que nous avons eu la chance de voir un bon Johnny Winter, guitariste de légende qui, il y a 40 ans, contribuait à écrire une page importante de l'histoire de la musique en participant au Festival de Woodstock.

Pour en savoir plus sur Johnny Winter :
Son site officiel
Sa page MySpace
La page Wikipedia qui lui est consacrée (en anglais)
Sa guitare Erlewine Lazer
Quelques photos prises au cours du concert

En vidéos
Hideaway
Red House
Blackjack
Highway 61
Don't take Advantage of me

# Posté le mardi 10 novembre 2009 08:53

Modifié le samedi 14 novembre 2009 06:12

GAELLE MIEVIS (Jupille/s/Meuse, 6. novembre 2009)

GAELLE MIEVIS (Jupille/s/Meuse, 6. novembre 2009)
Fidèle choriste de Beverly Jo Scott depuis plusieurs années, Gaëlle Mievis a développé parallèlement, dans un univers pop/folk, son propre projet musical intitulé "Whispers from a Chrysalis". C'est une des artistes que j'ai le plus souvent l'occasion de suivre, avec un plaisir sans cesse renouvelé.

Gaëlle se produisait ce vendredi à Jupille, dans la banlieue liégeoise, pour inaugurer 'Les Zacoustics', un cycle de concerts organisés par le Centre Culturel local, et je voulais profiter de l'occasion pour emmener un de mes amis à la découverte de cette artiste.

A l'arrivée dans la salle, une première surprise : les chaises groupées autour de petites tables garnies de jolies nappes en tissu velouté du plus bel effet, une assiette de mises en bouche (olives, tapenade, grissini, ...), une carte de vins intéressants (dont un 'pinot grigio' de Vénétie) à prix démocratique, et un service à table assuré avec le sourire; tout est fait manifestement pour que les spectateurs se sentent bien.

La première partie était assurée par Chris Rizzuto, un chanteur d'origine liégeoise émigré à Londres. Seul à la guitare, il avait pour mission de "chauffer" le public avec quelques compositions personnelles de son dernier album (cf. sa page MySpace); il reprendra également, de manière très sobre, "Wrapped about your Finger" du groupe Police. Pendant ce temps, une autre gâterie était apportée sur les tables, sous la forme d'une assiette de morceaux de pizza, servis grâce au soutien d'une pizzeria du quartier. Après un court entr'acte, nous étions donc prêts à accueillir Gaëlle.

Par rapport à la formule initiale (cf. mon compte-rendu du concert donné à Carnières le 17 janvier dernier), le projet a gagné en maturité. La composition du groupe a été sensiblement adaptée pour coller plus parfaitement à cet univers pop/folk acoustique dans lequel Gaëlle se sent bien; ainsi, la présence d'une basse et de guitares électriques n'est plus apparue nécessaire. Le groupe se présente désormais sur scène avec deux guitares acoustiques, tenues par Ludo Catalfamo, présent depuis le début de l'aventure, et John Smets, qui a composé les mélodies, tandis que la ryhmique est assurée par Youssef Khelil à la batterie.

La setlist s'articule donc sur les chansons qui formeront l'ossature de l'album en préparation, et dont certaines sont disponibles pour l'écoute sur la page MySpace de Gaëlle ("Empty Space", "Not a Home", "Cathy Jane", "Time",...). Pour l'occasion, Gaëlle nous régalera aussi d'une toute nouvelle chanson, "At my Age", l'histoire d'une Mamy rock'n roll. Quelques reprises s'inscrivant totalement dans l'ambiance de son propre projet viendront compléter le programme : "Amsterdam" (en anglais), qu'elle a enregistré l'an dernier pour commémorer le 30ème anniversaire du décès de Jacques Brel, "Girl" des Beatles (avec Youssef assurant les percussions ... sur un journal!), et "Big Yellow Taxi" de Joni Mitchell. Le concert se terminera avec "Les rêves sont en nous" de Pierre Rapsat avant, en rappel "Junk" de Paul McCartney (chantée avec John Smets) et, à la demande du public, "Two Little Birds", une chanson que Gaëlle avait interprétée peu de temps auparavant.

Comme d'habitude, Gaëlle et ses musiciens sont venus saluer leur public, et prendre un verre avec nous. Alors que nous n'étions plus qu'une petite vingtaine de spectateurs dans la salle, Ludo reprit sa guitare pour une after-party improvisée avec Youssef, Gaëlle (bien sûr), bientôt rejoints par Anthony Fanard et Vincent De Neve (du groupe "Plug Me"). Les artistes, avec la simplicité et le talent qui les caractérisent, assis sur le bord de la scène, se sont alors laissés entrainer pour notre plus grand plaisir dans les répertoires les plus divers : Depeche Mode, Keziah Jones, Arno (magnifique interprétation de "Dans les Yeux de ma Mère" par Anthony et Vincent), Michael Jackson, Prince, Shaka Khan, et bien d'autres. Ce n'est finalement qu'à l'approche de 2h30 du matin que nous avons pris congé, non sans nous être donnés rendez-vous pour le prochain concert de Gaëlle, à Huy, dans 15 jours.

Pour découvrir Gaëlle Mievis :
Sa page MySpace
Sa page Facebook


En vidéo :
Interview sur une chaîne de télévision locale
Not a Home (1er single extrait de l'album à paraître)
Two Little Birds
Les Rêves sont en nous
Amsterdam (avec Aude Henneville, et la participation de Jean-François Pinchart)

# Posté le samedi 07 novembre 2009 15:24

Modifié le mardi 10 novembre 2009 03:35